OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Des films sous perfusions numériques http://owni.fr/2011/08/28/des-films-sous-perfusions-numeriques/ http://owni.fr/2011/08/28/des-films-sous-perfusions-numeriques/#comments Sun, 28 Aug 2011 13:30:12 +0000 Romain Saillet http://owni.fr/?p=76820 Depuis 2009, le ventes de Digital Versatil Disc (DVD) chutent, laissant une place grandissante à la vidéo à la demande (VOD) et au Blu-Ray. Lequel permet une capacité de stockage supérieure et ainsi l’arrivée de la haute définition (HD) dans les foyers.

En France,  au premier trimestre 2011, selon le Syndicat de l’édition vidéo numérique (SEVN), les ventes de Blu-Ray progressent de plus de 20 %, avec un chiffre d’affaires de 44,5 millions d’euros, alors que le marché du DVD perd 9,9 % de son chiffre d’affaires de 276,5 millions d’euros. Le Blu-Ray séduit et ses coûts baissent : il devient alors le légitime remplaçant du DVD pour les distributeurs.

L’année 2011 ne répond pourtant pas à toutes leurs attentes. Malgré les bons résultats des ventes de Blu-Ray, elles ne représentent que 13,7 % du chiffre d’affaires des ventes de supports physiques. Cette trop faible proportion ne permet alors pas de combler les pertes engendrées par la chute des ventes de DVD : le marché des supports physiques perd plus de 6 % en volume, soit 321 millions d’euros, et presque 5 % en valeur, soit 32 millions d’unités vendues.
Aux États-Unis, cette tendance se confirme aussi, même si une étude menée par le groupe NPD [en] nous apprend que les supports physiques conservent outre-Atlantique une grande popularité. Près de 77 % des sondés auraient regardé un programme via un support physique dans les trois derniers mois, alors que seulement 21 % auraient visionné un film en VOD.

Déclin des supports matériels malgré l’arrivée de la 3D

Source: Digital Home Révolution

Pourtant, et de manière générale, cette situation semble évoluer en faveur des supports dématérialisés : le DVD a perdu cette année près de 9 % de son chiffre d’affaires.

Avec l’arrivée des téléviseurs 3D dans les foyers, 2011 devait pourtant marquer un rebond significatif pour les supports physiques. Les constructeurs de télévision prévoient 20 % de téléviseurs 3D vendus pour la fin de l’année 2011, alors que seulement 2 %, soit 200 000 se sont écoulés en 2010 selon CNet France. Au vu des ventes de ces six premiers mois, cet objectif semble cependant difficile à atteindre malgré une diffusion de cette technologie à toutes les tailles de téléviseurs. Les ventes devraient toutefois mécaniquement augmenter.

Alors que le marché de la 3D devait apporter un souffle nouveau pour le marché des films, l’année 2011 ne semble pas répondre entièrement aux objectifs fixés. Sony a d’ailleurs décidé de changer la stratégie de production de ses téléviseurs. Après avoir vendu trois usines, et changé le responsable de la division téléviseurs, le constructeur japonais souhaite stopper la baisse consécutive de son chiffre d’affaires sur ses téléviseurs depuis maintenant huit ans. De nouveaux moyens de distribution de films et séries semblent pourtant apporter des réponses encourageantes aux pertes engendrées par les supports physiques : les supports dématérialisés.

TF1, Fox, HBO : les chaînes misent sur les supports dématérialisés

En Europe, de nombreux distributeurs ont rapidement cru en cette technologie, avec plus de 300 opérateurs recensés en 2011 contre 10 en 2003, en confrontation directe avec le téléchargement légal. Une fois dépassée la barrière de l’achat en ligne par les utilisateurs, la VOD a vite séduit un grand nombre d’internautes. Un large choix de programmes sans se déplacer de chez soi, l’offre plaît et enregistre même une croissance régulière.

En France, selon le Figaro, le marché de la VOD devrait se chiffrer à près de 200 millions d’euros, soit plus de 14 % du marché des supports physiques. TF1 a d’ailleurs saisi cette opportunité pour annoncer une véritable stratégie de développement de sa plateforme dématérialisée TF1Vision.

Aux États-Unis aussi les chaînes souhaitent offrir à leurs téléspectateurs une offre dématérialisée riche. La Fox a récemment mis en place une stratégie multi support permettant aux acheteurs d’un Blu-Ray de retrouver leur programme sur leur téléphone Android, grâce à un code d’accès.

De son coté, HBO vient d’annoncer que l’intégralité des séries qu’elle diffuse sera disponible sur la plateforme iTunes en HD [en], soit avec une qualité d’image proche du Blu-Ray, en contrepartie d’une majoration du coût d’un dollars par épisode. Cette opération permet à la fois à la HBO de bénéficier des abonnés d’iTunes et à la plateforme d’Apple d’enrichir son catalogue.

L’hégémonie d’Apple menacée par un Netflix à la française ?

Apple jouit aujourd’hui d’une hégémonie absolue sur le marché de la VOD sur le net, avec sa plateforme iTunes. Près de 95 % des VOD sur le net en France y sont réalisées, et près de 20 % des locations à la fin de l’année 2010. Et la marque à la pomme ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Des rumeurs persistantes prédisent qu’Apple pourrait rapidement proposer la location et la vente de films en 1080p, soit de la HD+ en concurrence direct avec le Blu-Ray. Le renouvellement de l’AppleTV prévu à l’automne 2011 devrait nous en apprendre plus sur la stratégie opérée par la société sur ce secteur.

Malgré cette domination, une nouvelle offre importée des États-Unis devrait voir le jour prochainement en Europe : la sVOD, un service de VOD avec un payement forfaitaire. Netflix l’américain et le français Canal Plus pourraient lancer leurs offres dès l’automne 2011, selon les Échos. Avec un tarif de 10 euros par mois, cette offre pourrait bouleverser le marché de la VOD.

Cependant, en Europe et plus particulièrement en France, la chronologie des médias, régie par une directive européenne, pourrait empêcher une telle offre de se propager. Dans une interview, le patron de Vidéo Futur Rémi Tereszkiewicz affirme même qu’une « offre de purement sVod est impossible en France ». Sa société propose en effet à ses abonnées une offre « combinée » à l’image de celle de Netflix : recevoir le DVD ou Blu-Ray du film commandé, ou alors le visionner directement en VOD pour 2,99 euros.

En effet, dans le cadre d’une vente à l’acte, quatre mois sont nécessaires après la sortie des films dans les salles pour pouvoir les proposer en DVD et VoD. Légalement, cette fenêtre d’exploitation passe de 4 à 36 mois lorsque le programme est intégré dans un forfait, comme la sVoD. Ainsi, les offres de sVoD pourraient être privées des nouveautés, remettant en cause le bénéfice réel pour le consommateur.

À l’inverse, aux États-Unis, cette fenêtre d’exploitation est extrêmement courte avec une durée de seulement 90 jours. La Warner souhaite même raccourcir cette durée à 60 jours. On comprend alors mieux l’intérêt d’une telle offre dans ce cadre législatif.

La VOD et son coût à l’acte pourrait donc avoir encore de belles années devant elle. Des réponses sur l’avenir du marché devraient être apportées dès l’ouverture de l’IFA, le deuxième salon mondial de l’électroménager, des médias numériques et de l’électronique, qui se tiendra du 2 au 7 septembre 2011 à Berlin.


Billet initialement publié sur Ina Global la revue des industries créatives et des médias, sous le titre “La fin des supports physiques audiovisuels est-elle programmée ?”

Illustrations Flickr CC PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification pen3ya

Tableaux : The Digital Entertainment Group (pdf), The Hollywood Reporter, Haute Définition, Wikipédia, La chronologie des médias, Wikipedia.

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La longue vie de Star Wars de la VHS à la 3D http://owni.fr/2011/05/19/la-longue-vie-de-star-wars-de-la-vhs-a-la-3d/ http://owni.fr/2011/05/19/la-longue-vie-de-star-wars-de-la-vhs-a-la-3d/#comments Thu, 19 May 2011 09:29:51 +0000 Alexis Hyaumet http://owni.fr/?p=63229

George Lucas est l’Abel Gance du XXIème siècle.

Cette phrase que j’ai entendue d’un membre de la rédaction d’Allociné.com résume parfaitement la situation dans laquelle se trouve le créateur de la saga Star Wars, depuis longtemps élevée au rang d’œuvre essentielle du cinéma. Depuis 1977 et la sortie fracassante du premier épisode, les six volets n’ont cessé de faire partie des films cultes à voir (et à avoir) absolument. Plusieurs évènements font de 2011 une “année Star Wars” : la sortie du nouveau Star Tours, attraction phare des parcs Disney, et l’édition Blu-ray disc des six longs métrages, à paraître au mois de septembre. Cependant, Star Wars est aussi connu pour la relation tumultueuse entre George Lucas et ses fans par rapport aux multiples versions qui existent de la trilogie originale (et même de la seconde), essayant vainement de faire oublier les premières versions de La Guerre des Étoiles, L’Empire contre-attaque et du Retour du Jedi de 1977, 80 et 83.

Les diverses reconstructions du mythe ont commencé bien avant les éditions sur support vidéo. En 1977, Lucas n’avait pu intégrer au texte défilant au début de son film les mentions “Episode IV : A New Hope” (“Un Nouvel espoir”) pour ne pas troubler les spectateurs de l’époque. Avec le succès retentissant et l’arrivée de L’Empire contre-attaque en 1980, le metteur en scène, désormais intouchable, reprit le texte d’ouverture du premier film à l’occasion de sa ressortie exceptionnelle trois ans plus tard. De plus, d’autres modifications ont été réalisées successivement entre les copies 35mm et 70mm de La Guerre des Étoiles et de L’Empire contre-attaque au niveau d’une réplique, d’un plan, et que seuls quelques experts avisés pouvaient débusquer.

Années 1980 : la VHS

Les années 1980 ouvrent la porte au marché de la vidéo et du cinéma chez soi. Les trois longs métrages Star Wars devinrent alors des éléments indispensables des vidéothèques idéales. À sa sortie, La Guerre des Étoiles faisait office de pionnier dans sa façon de traiter l’image et le son (premier film à utiliser toutes les capacités de la stéréo et à être diffusé massivement dans des salles équipées). En 1982, les pistes audio de la version VHS bénéficièrent du perfectionnisme de George Lucas et furent retravaillées par l’ingénieur du son Ben Burtt, pour restituer au plus près l’expérience cinématographique chez le spectateur. D’autres supports se sont vus éditer la fameuse trilogie : le Betamax, le CED et le Laserdisc. Ce n’est d’ailleurs qu’en 1989 que les États-Unis verront les films dans leur format d’origine (au format Cinémascope ou Widescreen), les précédentes éditions avaient agrandi le cadre pour effacer les bandes noires pour un téléviseur 4/3 (format dit Fullscreen), mais entamant très nettement les bords droite et gauche de l’image.

Le début des années 1990 apporta son lot de bonnes surprises avec pour la première fois des coffrets trilogie rassemblant les trois longs métrages en VHS et Laserdisc avec les premiers bonus, comme un making of pour la VHS ou même un commentaire audio sur la “Definitive collection” en Laserdisc (rapidement devenue un objet de culte) avec une image et un son remastérisés par les laboratoires THX. Cette version Laserdisc de 1993 corrige les défauts de la précédente édition de 1989. Deux ans après, une nouvelle version VHS de la trilogie ressort avec de nouveaux changements mineurs pour les films. Cette édition baptisée “Faces” pour son visuel basé sur des visages marquants de la trilogie montre avec la “Definitive Collection” que George Lucas porte aussi une grande attention à l’aspect matériel des supports de ses films.

Pour fêter le vingtième anniversaire du premier film, George Lucas décida de marquer l’occasion en ressortant la trilogie au cinéma dans une édition dite “spéciale”. Voici comment l’évènement était annoncé :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La bande-annonce parle d’elle-même. Les premières minutes font état de l’écran de télévision domestique comme une prison dans laquelle une “génération entière” n’a pu vivre pleinement l’expérience Star Wars. “Mais si vous ne l’avez vu que de cette façon, vous ne l’avez pas vu du tout” nargue juste après le narrateur. Cette fois, George Lucas prend le risque de retravailler la trilogie originale avec une approche modernisatrice. Nous sommes en 1997 et la façon de traiter les effets visuels à l’écran à changer. Lucas est alors en pleine écriture de ce qui deviendra La Menace fantôme et cela lui rappelle sans cesse les défauts liés aux technologies de l’époque des trois premiers films. Il décide alors de les mettre à jour, corrigeant les problèmes, mais surtout en intégrant de toutes nouvelles séquences, reprises de métrage non utilisé ou bien entièrement générées par ordinateur. Lucasfilm Ltd. dépensa près de 18 millions de dollars (10 pour l’image et 3 pour le son du premier film et 2,5 pour chacun des deux autres) afin que l’on puisse voir à nouveau la trilogie “pour la première fois”.

L’argument mis en avant par la production était que cette “Édition spéciale” correspondait aux attentes de George Lucas. Elle présentait les trois longs métrages tels qu’il les avait imaginé dès le début. Mais il s’agissait aussi pour les équipes de l’ILM (la société d’effets spéciaux de Lucas qui a fait son chemin depuis 1977) de s’entrainer avant le grand saut de l’Épisode I qui sortirait deux ans plus tard. Ces nouvelles versions bénéficièrent d’éditions sur VHS et Laserdisc, ainsi que d’une sortie au cinéma, afin qu’une nouvelle génération puisse découvrir Star Wars sur le grand écran. Le 31 janvier 1997 l’édition spéciale de La Guerre des Étoiles sortit au cinéma et son succès dépassa les attentes de la 20th Century Fox, avec près de 257 millions de dollars de recette. Les ressorties suivantes de L’Empire contre-attaque (125 millions de dollars) et du Retour du Jedi (89 millions de dollars) confirmèrent l’engouement toujours intact du public envers l’œuvre de Lucas. Malgré cela, un grondement commença à se faire ressentir au sein de la communauté des fans de la galaxie Star Wars.

Déception des aficionados

1997 marque donc les débuts de tensions parmi le fan club de George Lucas. Comme tout changement entraîne des réactions, tous les amateurs de Star Wars de la première heure n’ont pas tous accueilli cette édition spéciale avec les mêmes égards. Une partie des fans, que l’on pourrait qualifiée d’”intégriste”, s’est déclarée contre les modifications apportées par Lucas aux trois longs métrages, notant au passage qu’il n’avait pas réalisé L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, touchant alors au travail d’autres artistes (ici Irvin Kershner et Richard Marquand). Ces fans refusaient la retouche numérique de leurs Saint Graal pour préserver le charme vieillot des films d’origine ainsi que ce que l’on appelle les “beloved mistakes” (littéralement les erreurs bien aimées).

Plus encore, George Lucas intégra le personnage de Jabba the Hutt découvert dans Le Retour du Jedi, dans l’édition spéciale de La Guerre des Étoiles. Cette séquence avait été tournée avec Harisson Ford et un acteur jouant un Jabba qui n’était pas encore cette grosse limace répugnante. La scène avait été supprimée, faute de budget ou de rythme dans le film. Le retour de Jabba impliqua l’usage d’un personnage créé entièrement d’images de synthèse et ce passage est très vite devenu le symbole de la discorde entre une partie des fans avec George Lucas.

Les différentes étapes de la réintégration de Jabba the Hutt dans l'Édition spéciale de "La Guerre des étoiles"

Star Wars Épisode I – La Menace Fantôme sort en 1999 et confirme la rupture avec l’ancienne trilogie, faisant passer ses effets visuels de l’époque pour des peintures rupestres d’hommes des cavernes. Le long métrage est une véritable vitrine pour l’ILM qui a dû, pour certains plans voire séquences, tout créer par ordinateur (la course de podracers ou la scène de bataille des plaines de Naboo par exemple). Avec les possibilités illimitées des effets visuels numériques, George Lucas débride son imagination et offre un spectacle cinématographique impressionnant. Mais c’est une partie encore plus importante des fans qui descend cette fois du navire, la plupart étant ceux qui avaient découvert les premiers films au cinéma. Beaucoup regrettent une approche infantilisée de l’univers avec un Anakin Skywalker, qui deviendra plus tard le sombre Dark Vador, n’est qu’un enfant d’une dizaine d’années. À cela s’ajoute une réaction quasi-épidermique au personnage virtuel burlesque de Jar Jar Binks. D’autres attaques contre le film se portent sur l’utilisation massive des effets spéciaux, qui soulignerait le fait que Lucas privilégierait la forme plutôt le fond. Au lieu de réunir les publics, La Menace Fantôme accentue la rupture entre les deux générations de spectateurs.

Nouvelles retouches pour la version DVD

Au début des années 2000, les nouveaux épisodes de la saga sont les témoins de la fin des supports VHS et Laserdisc face à l’arrivée du DVD. L’édition Laserdisc de l’Épisode I n’a été distribuée que sur le marché japonais, alors qu’un répit supplémentaire est accordé à la VHS jusqu’en 2002 pour l’Épisode II. À la fin de la même année sort un nouveau coffret VHS réunissant les épisodes IV, V et VI. Dans un nouveau packaging, cette version contient les éditions spéciales de 1997, réaffirmant le vœu de Lucas d’enterrer toutes les versions précédentes. Le seul argument promotionnel vantant ce coffret est la présence d’un court making of de l’Épisode II, encore en tournage, relayant l’ancienne trilogie au rang d’élément de promotion des films à venir. C’est en 2001 que le premier DVD estampillé Star Wars fait son apparition. Le DVD de La Menace Fantôme crée l’évènement par ses qualités techniques indéniables (premier métrage à bénéficier d’une piste 5.1 surround EX), mais aussi au niveau de son contenu (trois menus interactifs aléatoires, bonus en cascade…). Mais les vieux démons de George Lucas reviennent au galop : La Menace Fantôme a été retouchée pour sa version DVD.

Comme pour les Éditions spéciales de 1997, l’Épisode I a aussi droit à sa version “extended” en DVD, alors que la version sur VHS était la même que celle diffusée en salles. Lucas est allé piocher dans les scènes coupées des portions de métrage pour allonger certaines séquences, notamment celle de la course de podracers. Malgré ces changements, la plupart des fans voient dans le DVD le support idéal pour la saga Star Wars. Les éditions DVD de L’Attaque des Clones en 2002 et de La Revanche des Sith en 2005 ont aussi leur propre version du film, George Lucas avoue aimer continuer à retravailler son film dans la salle de montage, même après sa sortie, et que la version sur DVD est la définitive. Mais tout cela ne parvient pas à réparer ce qui s’est brisé en 1997 avec les fans purs et durs. L’exemple le plus flagrant reste encore l’apparition du “Phantom editor” (le monteur fantôme) qui remonta les épisode I et II depuis leurs éditions VHS et DVD, critiquant le travail de Lucas tout en essayant de rester respectueux de l’univers. Après une vie sous le manteau, les deux “phantom edits” sont depuis disponibles en téléchargement sur Internet .

Alors dans l’attente de La Revanche des Sith, la galaxie Star Wars est en effervescence à l’annonce de la sortie tant attendue de la trilogie originale en DVD. Disponible au mois de septembre 2004, le coffret à l’allure travaillée réunit La Guerre des Étoiles, L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, accompagnés d’un quatrième disque rassemblant de nombreux bonus dont l’impressionnant documentaire L’Empire des Rêves, retraçant la production des trois longs métrages. L’évènement avait même permit aux fans les plus courageux de l’acheter à minuit dans les magasins spécialisés. Bande-annonce :

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Pour des générations, une seule trilogie a été le cœur de toute collection de films.

Là non plus, la narration ne va pas par quatre chemins en parlant de la trilogie originale de Star Wars comme d’un objet indispensable, quelque soit l’âge du spectateur. Avec la bonne expérience des éditions DVD des épisodes I et II, le gage de qualité audiovisuelle de ces nouveaux masters n’est pas mise en doute. Mais la première question évidente à être posée est : quelle sera la version présente sur les DVD ? D’autant que la bande-annonce parle de “classiques”.

Très vite, la réponse officielle désarçonne : de nouvelles modifications, ultérieures aux versions de 1997, ont été apportées aux trois longs métrages. À son habitude, George Lucas retoucha de nouveau la trilogie originale pour son édition DVD et cette décision apporta elle aussi ses détracteurs. En 2004, la fin de la saga approchant, ces changements se réclamaient d’un processus d’harmonisation des six films, retrouvant par exemple l’acteur Hayden Christensen intégré dans le dernier plan du Retour du Jedi. Les éditions de 1997 seraient-elles donc passées à la trappe ?

Avant/Après - L'hologramme de l'Empereur dans "L'Empire contre-attaque" et les esprits d'Anakin Skywalker, Yoda et Obi-wan Kenobi dans "Le Retour du Jedi"

Côté bonus, en dehors des bandes-annonces d’époque, tous les reportages présents sur le quatrième DVD ont été réalisés pour l’occasion. Rappelant la featurette promotionnelle de l’Épisode II dans dernier le coffret VHS en 2000, un court making of exclusif sur la production de l’Épisode III est présent dans les bonus. En 2006, un an après la sortie du dernier film, La Guerre des Étoiles, L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi sont de nouveau édités en DVD, cette fois séparément, mais surtout accompagnés chacun d’un DVD bonus présentant les versions cinéma d’origine des longs métrages, vierges de toute retouche. Du pain béni pour les fans hardcore qui fustigeaient jusqu’alors la campagne de modernisation des films.

Mais cette occasion qui aurait permis de réconcilier toutes les parties s’est transformée en véritable estocade de la part de George Lucas : ces versions non-retouchées étaient présentées dans un format non-anamorphosé (image 4/3 incluant de surcroit les bandes noires du Cinémascope) avec une piste stéréo à 2 canaux, alors qu’une piste stéréo à 4 canaux avait été réalisée à l’époque. Face à l’exigence coutumière de qualité d’image et du son, ces éditions DVD limitées sont devenues l’exemple du mépris total du créateur de l’univers Star Wars envers ses fans les plus assidus.

Blu-Ray, le Graal promis

Au mois d’août 2010, George Lucas en personne annonce lors d’une convention Star Wars la sortie de la saga Star Wars en Blu-ray disc pour le mois de septembre 2011. L’évènement est marqué par la projection d’une scène coupée du Retour du Jedi, alors que les scènes coupées n’avaient jamais encore été présentées au public ou éditées en bonus sur les éditions antérieures. Leur présence sur les Blu-rays de la saga créa à une certaine rupture avec le passé, bien que Lucas garde sans doute sous le coude des suppléments pour les futures éditions. Au mois de janvier 2011, ces prochains coffrets Star Wars à l’aspect sobrement minimaliste engendrent le plus grand nombre de précommandes sur les sites de vente en ligne. Les rares informations laissent savoir que trois coffrets seront disponibles, un par trilogie et un global intégrant trois disques supplémentaires pour les bonus. Bien entendu, une bande-annonce a été réalisée pour l’occasion, rappelant l’unité de la saga du teaser de l’Épisode III :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

La semaine dernière, un micro-évènement essayait d’attirer tous les regards sur un seul site dont l’adresse jouait sur les mots : maythe4thbewithyou.com. George Lucas nous donnait rendez-vous pour de nouvelles révélations sur le contenu des coffrets Blu-ray de la saga, le 4 mai 2011, à 15 heures (France) précises. Un décompte jusqu’à l’heure fatidique avait même été mis en place afin d’entretenir une attente et une frénésie autour de cet instant. Nombreux furent d’ailleurs les sites à lancer le buzz en émettant un article ou transmettant un lien quelques jours avant le mercredi 4 mai, nous promettant que “tout sera révélé”. La déception a été à la hauteur de l’évènement.

15 heures. Le décompte atteint 00:00:00:00 et laisse apparaître un taux de chargement (incroyablement) long. Arrivé aux 100%, la musique de John Williams se lance, le célèbre thème résonne et une animation en Flash se lance. Pour annoncer le contenu cette nouvelle édition des six films en 1080 p, le public n’a pour récompense qu’un diaporama de captures d’écran, de concepts artistiques et de photos de tournage. La montagne accouche d’une souris alors qu’une fenêtre annexe liste textuellement le contenu de chaque disque en détail. Les seules nouveautés que l’on retrouve dans le diaporama sont les aspects définitifs des trois coffrets Blu-ray à paraître, toujours sujets à des modifications possibles jusqu’à septembre.

Les aspects définitifs des coffrets Blu-ray

Néanmoins, l’objet le plus intriguant de cet évènement se situait en bas de la page du site. Un tableau rassemblant en direct les statistiques de partage de la page. À la base, on nous avance que le fait de partager le lien vers cette page avec l’un de nos comptes (Facebook, Twitter, Youtube…) entraînera la révélation de plus en plus d’informations exclusives. Mais la maigreur du résultat final déçoit. Repensant à d’autres annonces de coffrets intégrales collector, il y a celui de la trilogie Matrix dont la bande-annonce de l’Ultimate Collection présentait au moins le visuel des disques.

À la fin de cette expérience publicitaire, on retient plus ces pourcentages internationaux mis en avant sur cette page, comme si le but inavoué de cet évènement était de mesurer froidement la popularité de la saga auprès de son public comme une donnée statistique quantifiable six ans après La Revanche des Sith.

Tableau statistique du site maythe4thbewithyou.com

Après toutes ces aventures, quelles versions seront disponibles sur ces éditions Blu-ray ? Il est clair que les versions de 77, 80 et 83 de la trilogie originale sont à exclure d’office. Les premières impressions rapportent que ce sont les versions DVD des six longs métrages qui seront transférées en Haute Définition. Pourtant, le doute peut subsister quant à de nouvelles retouches probables des films. En 2005, dans les bonus de l’Épisode III, on retrouvait au sein d’un documentaire des images du maître Yoda de La Menace fantôme (encore tourné avec une marionnette en 1999), mais remplacé par sa version de synthèse similaire à celle des deux épisodes suivants. La rumeur s’est depuis répandues de l’édition d’une nouvelle version de l’Épisode I avec un Yoda numérisé pour le support suivant, soit le Blu-ray. Pour l’instant, aucun commentaire n’a été fait à ce sujet, mais la réponse sera livrée dans les mois précédant l’édition de ces coffrets.

Yoda version originale (Épisode I) :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Yoda version numérique (bonus Épisode III) :

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Ceux qui pensaient que nous ne reverrions plus Star Wars au cinéma ne s’attendaient pas au succès international du film Avatar de James Cameron fin 2009, ou plutôt du succès du retour de la stéréoscopie dans les salles de cinéma conventionnelles. Depuis bientôt deux ans, nous avons été les témoins que la “3D” semble être devenue un élément essentiels des blockbusters actuels. Alors que certains regardent vers les projets à venir, d’autres se tournent vers le passé et à une possible conversion de longs métrages à grand spectacle.

Les mots Star Wars reviennent alors comme un boomerang, mais George Lucas a déjà pris les devants. Dans le plus grand secret, alors que la 3D pointe de nouveau le bout de son nez dans les cinémas (soit bien avant la sortie d’Avatar), plusieurs séquences de La Guerre des Étoiles font office de cobayes pour expérimenter la conversion d’une image 2D en 3D. Ce travail est long et fastidieux, mais les résultats semblent concluants. Il faut attendre la confirmation du succès du long métrage de Cameron pour que Lucasfilm Ltd. annonce en septembre 2010 la conversion totale des six épisodes en 3D pour une ressortie en salle dans les prochaines années.

La première date est prise : ce sera le 10 février 2012 que Star Wars réinvestira les écrans, en commençant par La Menace Fantôme. Une nouvelle génération de spectateurs découvrira la saga mythique au cinéma, mais donne pour la première fois l’occasion à George Lucas de les diffuser dans l’ordre numérique (à savoir, La Menace Fantôme, L’Attaque des Clones, La Revanche des Sith, La Guerre des Étoiles, L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi). De plus, la fameuse attraction des parcs Disney sera renouvelée cette année, avec un tout nouveau spectacle, incluant lui-aussi la stéréoscopie.

Mise à part la profondeur de l’image, quelles versions des films bénéficieront de cette ressortie 3D dans les salles ? Encore et toujours cette question récurrente qui reviendra systématiquement à chaque nouvelle édition des longs métrages. Tel sera le destin de cette saga, tant que son créateur reconsidère les premières versions de ses films et de mettre un jour un terme aux modifications incessantes. Un mal pour un bien sans doute, car ces versions multiples donnent l’image d’une œuvre imparfaite, qui ne pourra jamais être achevée, mais entretiendront aussi, au même titre que le Napoléon d’Abel Gance, la légende autour de cette saga mythique, éternelle…


Article initialement paru sur le blog iGénération(s) de Culture Visuelle sous le titre : “See it again for the first time” – Star Wars, la saga d’une œuvre inachevable
Crédits photo FlickR by-nc-nd Peter Gerdes / CC Culture Visuelle

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Les DVD contrefaits piratent le métro parisien http://owni.fr/2010/09/03/les-dvd-contrefaits-piratent-le-metro-parisien/ http://owni.fr/2010/09/03/les-dvd-contrefaits-piratent-le-metro-parisien/#comments Fri, 03 Sep 2010 09:04:23 +0000 Boris Manenti http://owni.fr/?p=26851 Il est 17 heures. Koudus, un jeune homme originaire du Bangladesh, arrive à la station de métro Strasbourg-Saint-Denis. Dans le couloir principal, il étale à la hâte sur une toile des dizaines de DVD pirates. Son « travail » commence.

Comme Koudus, ils sont nombreux à déballer chaque jour des films copiés, proposés pour une somme dérisoire : deux euros pièce, cinq euros les trois. Rien à voir avec des DVD du commerce, il s’agit de CD contenant des films DivX, un format utilisé essentiellement pour le téléchargement illégal. Difficile à quantifier, le phénomène a pris de l’ampleur au cours des derniers mois.

Les vendeurs de DivX à la sauvette sont de plus en plus nombreux à investir les couloirs de la RATP mais aussi l’entrée des bouches de métro, souvent près de leurs alter-ego qui proposent ceintures, posters ou jouets à musique. « Depuis la fin de l’automne, il y a une présence beaucoup plus importante et plus visible, souligne Frédéric Delacroix, délégué général de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa). Il y a toujours eu ce type de vendeurs présents de manière sporadique, sur les marchés par exemple. À présent, ils vont jusque dans le métro et dans les rues. »

Atelier clandestin à Montreuil

Zahir est de ceux-là. Lui aussi dit venir du Bangladesh. Les CD piratés font partie de son quotidien. Chaque jour, il descend dans le métro de Saint-Lazare, République ou Marcadet-Poissonniers. Le long d’un mur, il propose aux passants et aux voyageurs ses films trois ou quatre heures durant. Il emporte toujours beaucoup de films, quatre cents, parfois plus. Selon lui, il y aurait beaucoup de ventes. Il est fier de proposer « toutes les nouveautés » : Shrek 4, L’Agence tous risques, Toy Story 3… Sur l’étal de fortune, se croisent des films déjà sortis, encore en salles, voire qui ne sont même pas à l’affiche. Bien souvent de mauvaise qualité, certains se révèlent toutefois de très bonne facture.

D’où vient cette marchandise ? Sur ce point, Zahir reste très vague : « Je vais chercher les DVD. On me les donne et j’en suis responsable. Je dois tout vendre pour être payé ». À Bonne-Nouvelle, Sani en dit un peu plus. Dans un bon anglais, il explique que « tout vient de Montreuil. Là-bas, il y a une fabrique. J’y vais et j’achète chaque DVD 1,20 euros ».

Le Nord-Est parisien, source du trafic ? « Il est très facile de monter un atelier clandestin : un ordinateur à 800 euros avec quatre graveurs suffit, estime une source proche des milieux du téléchargement illégal. Les DivX sont téléchargés sur les réseaux peer-to-peer [de la même manière que de nombreux internautes], avant d’être gravés. Le plus compliqué reste de les écouler… » C’est là qu’intervient la vente à la sauvette. Vendeurs de films ou de ceintures, tous les Bengalis présents dans le métro parisien semblent appartenir au même réseau. « On est tous frères », lance l’un d’eux à Gare du Nord. Difficile cependant de savoir de quel réseau il s’agit ou de remonter plus loin. Les vendeurs refusent de trop en dire et les douanes ou la préfecture de police n’apportent pas plus de réponse…

La menace policière

Mais la vente à la sauvette est loin d’être une pratique lucrative… pour les vendeurs. S’il récupère en moyenne 80 centimes par film vendu, Sani n’y trouve pas son compte. « Quand je vends bien,
je peux manger… Ce n’est pas le cas tous les jours », explique l’homme, SDF depuis son arrivée en France il y a un an. Un message clair de détresse émane de plusieurs vendeurs : « C’est une vie très dure ». La vente des films piratés n’est pour eux qu’un moyen de survie…

Une vente qui n’est pourtant pas sans risque. Sani raconte : « parfois, je me fais arrêter par des policiers. Je leur dis que je ne comprends pas l’anglais. Ils me demandent d’arrêter de vendre et ils me relâchent ». Koudus, lui, dit « faire attention aux policiers ». Lorsqu’ils s’approchent, un guetteur lui fait signe. La toile disposée au sol est alors repliée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et le Bengali est déjà loin. « Il faut changer souvent de lieu, pour ne pas se faire remarquer », explique Zahir prudent.

Depuis le début de l’année, plusieurs centaines d’interpellations ont eu lieu. Pourtant, la pression policière sur les vendeurs ne semble pas la panacée. « S’en prendre aux vendeurs eux-mêmes ne sert à rien, souligne l’Alpa. S’ils sont arrêtés le matin, il est clair qu’ils seront relâchés l’après-midi. »

Pour Frédéric Delacroix, il ne s’agit que du bout de la chaîne. « Comme les vendeurs de drogue, il s’agit de réseaux extrêmement structurés qui participent à toute une économie souterraine. »

Un trafic « marginal » ?

Pour quelques films piratés revendus, les vendeurs risquent de lourdes peines. Selon le code de propriété intellectuelle, les Bengalis encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300.000
euros d’amende, voire plus si les faits sont commis en « bande organisée ». En théorie les acheteurs s’exposent aux mêmes peines, mais jusqu’à présent aucun n’a été poursuivi. « Comme la drogue, ce trafic n’est pas laissé au hasard par les services de police. Des investigations sont actuellement en cours… », plaide-t-on du côté de l’Alpa. Pour autant, les forces de l’ordre semblent peu impliquées. La préfecture de police de Paris juge même le phénomène « marginal ». Une sorte de tolérance des vendeurs à la sauvette semble s’être installée dans le métro parisien.

Les vendeurs ne sont donc pas vraiment inquiétés et le marché se développe alors que s’installe la loi Hadopi afin de punir prochainement les internautes qui téléchargent. Des internautes qui pourraient alors être tentés de se tourner vers un commerce de proximité. Mais la France a encore de la marge avant d’atteindre les proportions américaines ou asiatiques où la contrefaçon de DVD
atteint une ampleur industrielle. Selon une étude du think tank américain Rand Corporation, les DVD pirates rapporterait aux États-Unis « plus que le trafic de drogue » avec des « marges bien
supérieures ». Le phénomène arrive en Europe. Selon les données de la Commission européenne, si 3 millions de disques étaient saisis en 2007, le chiffre grimpait à 79 millions l’année suivante. Le
DVD pirate, comme la VHS en son temps, a encore de beaux jours devant lui.

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Radiohead sous l’oeil de ses fans http://owni.fr/2010/09/02/radiohead-sous-loeil-de-ses-fans/ http://owni.fr/2010/09/02/radiohead-sous-loeil-de-ses-fans/#comments Thu, 02 Sep 2010 06:30:38 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=26375 Le groupe britannique Radiohead, qui avait secoué l’industrie du disque en proposant à ses fans de déterminer eux-mêmes le prix de son septième album In Rainbows, se retrouve à nouveau au coeur d’une initiative innovante. A ceci près que cette fois, les cinq anglais n’y sont pour (presque) rien.

6 passionnés + 60 cameramen = un live gratuit

Grâce à six passionnés et une soixantaine de cameramen d’un soir, le concert donné à Prague le 23 août 2009 a été filmé sous une multitude d’angles et est aujourd’hui proposé en téléchargement gratuit sur le site du projet.

Quid de la qualité audio ? Les vidéos de concerts réalisées par le public pêchent en effet souvent par un son médiocre. Pas ici, puisque Thom Yorke et sa bande, bluffés par le travail des fans à la vue d’un premier teaser et d’une chanson entièrement montée, leur ont fourni gratuitement les masters du show. “La confiance qu’ils nous ont témoignée en [les] partageant nous a flattés et honorés” s’enthousisame Nataly, qui a bien voulu répondre à nos questions par mail.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Celle-ci, admiratrice française du groupe depuis quinze ans, a rassemblé une équipe de six personnes pour la post-production, l’un venant de République Tchèque, les autres de New York ou encore du Royaume-Uni, tous animés par la même ferveur pour Radiohead. Techniquement, les choses se sont mises en place très simplement, même si diriger une telle équipe de tournage peut s’avérer délicat, comme nous l’explique la jeune femme :

J’avais l’espoir de pouvoir trouver des volontaires qui accepteraient de se placer à des endroits précis pour avoir des angles bien définis, mais c’est beaucoup demander car les fans ont en général envie d’être au plus près de la scène et au milieu, face à Thom !

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le pay what you want enchante les fans (et le groupe)

Lorsque l’on interroge les fans sur l’option de pay what you want choisie par le quintette anglais en octobre 2007, ils affirment avoir été “enchantés de pouvoir se procurer le dernier album de leur groupe préféré à petit prix”. Pour rappel, et selon les données annoncées par Comscore, 62% des 1,2 millions d’internautes ayant téléchargé l’album l’ont fait sans contrepartie financière. Ceux qui ont choisi de rétribuer les artistes l’ont fait à hauteur de 6$ en moyenne. Une belle opération au final, puisqu’en choisissant de se passer d’intermédiaires, le groupe a empoché l’intégralité des revenus générés par In Rainbows.


Mais ici l’aspect financier est vite balayé par ces fans uniquement animés par l’envie de faire partager à toute leur communauté un live inédit et de qualité, puisque selon Nataly “le projet a entièrement été réalisé bénévolement et il n’y aura aucune retombée financière” ni pour le collectif, et encore moins pour le groupe. Même si celui-ci bénéficie maintenant d’un beau support live de sa dernière tournée. Cette expérience, déjà tentée dans une moindre mesure par les fans du groupe Nine Inch Nails serait-elle une nouvelle manière d’envisager la relation fan-artiste ? C’est en tous cas un pas de plus vers la prise en compte par les artistes de la créativité de leur fans.

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